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Ursula Hegi

Auteur de Trudi la naine

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A propos de l'auteur

Ursula Hegi (born May 23, 1946) spent the first 18 years of her life in post-World War II Germany. When she tried to ask questions about the war, she received only vague answers and heard little about the Holocaust. Hegi immigrated to the United States in 1964. Now an award-winning novelist, Hegi afficher plus is best known for her book Stones from the River. Picked by Oprah Winfrey as a selection for Oprah's highly successful book club, the prequel to Hegi's highly-praised Floating In My Mother's Palm traces the path of average Germans during the turbulent wartime years from 1915 to 1952. Narrated by a dwarf who eventually learned that being different is a secret that all humans share, Stones from the River was nominated for a PEN Faulkner Award and received the Governor's Writer's Award. Also the author of the books Intrusions, Unearned Pleasures and Other Stories, and Salt Dancers, Hegi is the recipient of more than two dozen grants and awards, including an NEA Fellowship and five awards from PEN Syndicated Fiction Awards. She has also written over 100 reviews for the New York Times, the Los Angeles Times, and the Washington Post. (Bowker Author Biography) Ursula Hegi is the author of eight critically acclaimed books. She lives in New York State. (Publisher Provided) afficher moins
Crédit image: Photographed by Gordon Gagliano

Séries

Œuvres de Ursula Hegi

Trudi la naine (1994) 4,684 exemplaires
The Vision of Emma Blau (2000) 720 exemplaires
Floating in My Mother's Palm (1990) 717 exemplaires
Salt Dancers (1995) 414 exemplaires
Sacred Time (2003) 318 exemplaires
The Worst Thing I've Done (2007) 302 exemplaires
Intrusions (1981) 269 exemplaires
Hotel of the Saints (2001) 256 exemplaires
Children and Fire (2011) 230 exemplaires
The Patron Saint of Pregnant Girls (2020) 87 exemplaires
Trudi & Pia (2003) 25 exemplaires
The Burgdorf Cycle, Books 1-4 (2011) 5 exemplaires

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AMERICAN AUTHORS CHALLENGE--APRIL 2023--URSULA HEGI à 75 Books Challenge for 2023 (Mai 2023)

Critiques

De 1915 à 1952 en Allemagne, dans la vie quotidienne... où l'on perçoit les événements historiques aux détours du quotidien parce que si Max ne revient pas, c'est peut-être qu'il était à Dresde au moment du terrible bombardement... Ou l'on voit aussi comment dans le quotidien se tisse les compromission, les petits arrangements qui bout à bout construisent des horreurs de l'histoire. On aimerait la suite, comment les allemands d'aujourd'hui lisent cette époque de leur histoire? le silence après la guerre s'est-il distendu ? ou reste-t-il comme un brouillard entre aujourd'hui et hier ?… (plus d'informations)
½
 
Signalé
Domdupuis | 67 autres critiques | Jul 9, 2011 |
Même si Trudi n’aime pas entendre ce mot dans la bouche des autres, c’est souvent la seule chose qu’ils voient d’elle : c’est une naine et du fait de sa petite taille, tout un chacun croit que ses rêves et ses désirs sont eux aussi plus petits, plus étroits.
C’est par les yeux de Trudi que nous assistons aux évènements de la première moitié du XXème siècle (de 1915 à 1952 exactement) dans un petit village fictif sur les bords du Rhin, Burgdorf dans les environs de Düsseldorf. Trente ou quarante années cruciales, et plutôt noires, de l’histoire allemande. Des années sur lesquelles nous n’avons pas fini de nous interroger, qui n’ont pas fini de nous interroger. Comment est-il possible d’en arriver là ? Qu’aurais-je fais dans une situation similaire ?...
Aucun livre, de fiction ou d’histoire, ne répondra de façon définitive à ces questions. Ursula Hegi, dans ce livre de plus de 700 pages, tente d’apporter sa contribution à cette réflexion, par le biais de ce personnage qui porte sa différence en bandoulière, comme un jour les Juifs ont commencé à porter la leur sur le revers de leur manteau.

Au premier abord, Trudi n’est pas un personnage très attachant. Les humiliations quotidiennes qu’elle a subies du fait de son apparence physique ont aigri son caractère et l’ont presque rendue méchante, pensant avant tout à meurtrir et à humilier à son tour. Mais elle a, notamment grâce à son père, le très doux et charismatique Leo Montag, un sens très net de ce qui est juste et elle saura faire les choix nécessaires pour ressortir la tête haute. De façon intéressante, elle semble d’ailleurs plus encline à aider de parfaits inconnus plutôt que les gens de son village (à quelques exceptions près), comme s’il était plus facile d’aider un inconnu (qui incarne une figure humaine) qu’une personne que l’on connaît et donc on connaît donc les turpitudes ou les bassesses.
Mais Trudi s’adoucira, en sens inverse de son pays qui devient de plus en plus inhumain, qui, de plus en plus rejette la différence. Pas d’action d’éclat dans ce livre, pas de grand réseau de résistance faisant preuve d’un courage hors du commun, pas non plus de monstre sanguinaire, juste des gens qui font en silence ce qu’ils considèrent comme leur devoir, d’autres qui se coulent dans le moule et savent en profiter, et beaucoup qui demeurent silencieux et font le dos rond. Probablement une bonne représentation de ceux qu’ont été les Allemands pendant cette période.

La thèse d’Ursula Hegi est que cette situation a pu se développer grâce à la culture du qu’en-dira-t-on et des arrangements avec la vérité qui prévalait dans l’Allemagne du début du siècle. Une culture qui ne laissait pas non plus place au questionnement ou au doute. Comme il sera assené à Trudi plusieurs fois au cours de son éducation (catholique), questionner, c’est déjà ne pas avoir la foi, c’est donc pécher. Pour développer cet argument, Ursula Hegi consacre les quelques 150 ou 200 premières pages de son livre à faire évoluer ses personnages dans l’atmosphère étouffante de la petite bourgade de Burgdorf dans les années qui suivent la fin de la première guerre mondiale. Cela rend le roman lent dans ce premier tiers, mais les arguments développés sans en avoir l’air prennent leur sens dans la suite du livre, et j’ai alors pardonné ce qui m’était apparu au premier abord comme des longueurs. La fin est peut-être aussi un peu trop sirupeuse et pleine d’une introspection de façade sur ce que le fait de se souvenir (de façon sélective) et de raconter (selon un autre processus de sélection) révèle d’une personne ou d’une société.
Mais, entre un début un peu lent et une fin pas tout à fait dans la ligne du reste du roman, il y a des pages véritablement prenantes. L’écriture est simple et directe, et elle aborde de front des questions récurrentes mais aussi des questions plus subtiles sur le comportement des civils allemands pendant la montée du nazisme et la guerre.
La question du silence bien sûr, et à partir de quand le silence devient-il complicité, puis même responsabilité ? Mais il y a aussi des réflexions plus dérangeantes, faites par certains personnages, des aspects de la question auxquels je n’avais personnellement jamais pensés, et c’est cela que j’ai aimé dans ce livre, cette capacité à éclairer les dilemmes moraux d’un éclairage cru et nouveau. Comme penser à ces Allemands qui ont souhaité la défaite de leur pays, qui savait que l’Allemagne se relèverait mieux d’une défaite que d’une victoire. Peut-être cela paraît-il évident à certains d’entre vous, mais je n’avais jamais envisagé que la guerre ait été pensée dans ces termes.
Le livre, à plusieurs reprises, revient sur la barrière entre persécutés et persécuteurs, avec notamment un regard plein d’un mélange de rejet et de compassion pour les persécuteurs. Sans les absoudre ni même réellement chercher les causes de leur engagement, Ursula Hegi, d’une certaine façon, les plaint, plaint leur manque d’humanité. Comme un des personnages, Mme Blau qui se fait cette réflexion : « oui, si elle avait le choix, elle préférait être une persécutée plutôt que d’être une persécutrice. Dans les deux cas, le prix à payer était terrible ; mais elle préférait encore subir l’humiliation et la peur plutôt que de devenir totalement insensible à ce qui faisait l’humain. » (Chapitre 11, “1938”, p. 369).
Mais à un autre moment, constater que de toute façon le persécuté perd toujours. On lui prend d’abord ce qu’il pense avoir gagné à la sueur de son front, avoir mérité : ses richesses, ses meubles, ses souvenirs. Puis quand il n’a plus rien de personnel, on s’attache à le dépouiller de ce que l’on croyait acquis pour tous : sa famille, être à l’abri du froid et de la faim. Alors soit il meurt, soit il s’accroche et tente de survivre, donnant alors raison à ses bourreaux pour qui il est moins qu’un homme, tout juste un animal.

Des pensées dures, des moments sombres, ce livre est une contribution à un certain devoir de mémoire, celui qui cherche à décortiquer les évènements et à ne pas les édulcorer, pointant du doigt ce que nos petits accommodements peuvent avoir de monstrueux et nous obligeant à réfléchir à notre responsabilité dans les grands évènements, aux extrêmes auxquels peuvent conduire nos petites lâchetés et notre refus de regarder.
… (plus d'informations)
 
Signalé
raton-liseur | 67 autres critiques | Feb 9, 2011 |

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Giselle Potter Illustrator
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